C’est une histoire qu’on a inventé avec Vaihere Cadousteau Pohue, nous avons voulu dire parce qu’on a vécu des expériences chacun de notre côté, dans notre vie, des expériences heureuses et des fois des expériences douloureuses, tristes, des déceptions par rapport à certaines personnes dans la vie.

Notre message pour ce spectacle c’est d’être vigilant. Que si il y a des gens qui s’autorisent à dépasser leur pouvoir, à dépasser leur droit c’est aussi parce ce qu’on les laisse faire. Alors on encourage les gens à se lever, à dire stop non pousses toi, mets toi de côté (rires…)

Nohovao

Les Vao c’était des gens qui vivaient dans les vallées, au fond, cachés dans les vallées de Papara et leur roi habitant sur la côte Manatahi, veut accueillir son frère Manarua qui a une idée derrière la tête. Ils descendent avec de la nourriture parce que ce sont des agriculteurs, ils vont préparer le ma’a et puis les Arioi vont venir faire la fête avec eux aussi. Après avoir trop danser, trop manger, trop bu. Ils vont nuhi, ils vont s’endormir sauf le frère du roi qui veille à ce qu’il n’y ait plus personnes d’éveillés pour aller voler la pierre angulaire du marae et le marae, nous l’avons appelé le marae de l’équilibre. Les Hiva, ce sont des gens de Papara choisis par le roi Tetuna’e pour veiller à l’ordre et à l’équilibre. Ils allaient jusqu’à avoir le droit de destituer un roi, genre GIGN, ils se réunissaient en secret et ils agissaient en secret. Ils les choisissaient parce qu’ils étaient très beaux quand ils étaient petits et ils leur donner une éducation, une instruction, l’entrainement de gladiateur presque, de guerrier. A l’âge adulte, on disait qu’ils avaient une force surhumaine, ils avaient des jeux, des exercices qui étaient propres à leur groupe et on dit aussi qu’ils savaient tout. On les a appelés, dans les gardes de la reine Marau, la garde blanche : les gardiens du savoir. Ah c’était des gens attention, donc ils seront sur scène en tout cas nous on leur fait un petit clin d’œil parce que je trouve qu’ils sont des témoins de valeurs nobles.  Ils le poursuivent en secret dans la nuit, et bin ça c’est Jean-Marie qui pense que normalement dans la vie il y a une justice, bin ce gars-là il a glissé tout seul et il en est mort. On n’a pas eu besoin de le tuer. C’est naïf. Ça devrait être juste la vie toujours. On n’est pas dans le monde des bisounours non plus et donc après s’en suit une fête encore. Il faut toujours faire la fête à Tahiti pour marquer les moments de la vie où le roi demande pardon à sa population parce qu’il n’a pas été assez vigilant. C’est avec des groupes de l’histoire de Papara les vau. A Rurutu on les appelles les Tataevao, les sauvages, j’aime beaucoup de mot là. C’est quelque chose d’authentique proche de la terre, proche de la nature et ça je trouve important, de savoir lire le ciel, écouter le vent pour décider qu’est ce qu’on devenir, qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui.

Les gestes sont toujours dictés par le texte. On dit de nous qu’on est créatif, évidemment, on ne joue jamais la même histoire donc on se base sur ce qui est écrit et on interprète avec le corps des gens, avec leur regard et parfois il nous arrive de créer de nouvelles combinaisons de pas pour raconter l’histoire. Nos danses sont des histoires racontées avec le corps.

Les hôteliers nous demandent quelque chose de festif, de joyeux, d’esthétique qui parle de la Polynésie, qui peut évidemment servir leur travail de promotion touristique et on adapte nos spectacles du Heiva qui sont plus culture pour qu’ils soient plus open, moderne. Un show c’est fun, c’est des flashs et puis les gens sont en train de manger. La consigne que je donne à mes danseurs : « je vous préviens si jamais je vois encore des gens manger, ça va chauffer » (rires…)

On n’est pas dans un concours, on n’est pas là pour prouver des choses à des gens mais par contre à nous même : est-ce qu’on est capable de parler de Tahiti. C’est pareil quand on va à l’étranger, est-ce qu’on est capable d’être des ambassadeurs de Tahiti, c’est sans prétention, il faut faire son travail et si le public est ravi c’est gagné.