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Matari’i ‘i ni’a

Depuis le 20 novembre, nous sommes entrés dans la période de l’abondance Matari’i i ni’a selon le calendrier des temps anciens. En effet, un phénomène exceptionnel se produit ce jour-là, les Pléiades (un amas d’étoiles) sont alignées avec le soleil couchant et la ligne d’horizon. C’est aussi cette nuit-là que les Pléiades restent le plus longtemps dans le ciel. À cette période succède la montée de la sève puis la floraison et la production de fruits comme ceux de l’arbre à pain,
alimentation de base à l’époque, avec les bonites. On observe aussi l’arrivée massive des bancs de poissons près des côtes. À Rangiroa, on nous a rapporté que les poissons du lagon viennent mourir sur les plages. À Niau, les bonites se suicident presque sur les côtes. À Mahina, il y a tellement de
ature qu’on les donne à manger aux chiens ! Plus récemment, on nous a signalé l’entrée de bancs de bonites dans le lagon à Tautira et Papeari. C’est aussi à cette époque que l’on remarque que les femelles tortues montent sur les plages pour pondre leurs œufs. C’est l’abondance dans la
mer et sur la terre. 6 mois plus tard, en mai, les Pléiades passent à l’horizon à l’ouest (raro), et ne sont plus visibles qu’en fin de nuit. C’est le début de la saison baptisée Matari’i i raro à compter du 20 mai, la période de disette, fraîche et plus sèche.

Il est nécessaire de respecter la nature et son cycle de vie. Dans un monde où notre vie est rythmée par une course à la productivité où on ne s’autorise aucun repos ni pour nous, ni pour notre terre qui nous nourrit. Nous devons en prendre conscience. Cela remet en cause le fonctionnement de notre société de notre économie. Il est sûr qu’avec le dérèglement du climat et des saisons, la pollution et l’irrespect de notre nature, on peut se poser la question de savoir si Matari’i i ni’a a encore son sens aujourd’hui. Il semble qu’aujourd’hui nous ne pouvons que conter ce qu’est le Matari’i i ni’a d’antan et le transmettre à nos descendants.

Mais ne désespérons pas, nous avons une lueur d’espoir de pouvoir sortir de cette fosse. Chacun doit mettre du sien : la population doit accepter de manger les aliments de saison en privilégiant les circuits courts, les producteurs doivent disposons de suffisamment de terres cultivables pour produire nos besoins alimentaires (légumes et bétails) en respectant les saisons, les pécheurs doivent prélever juste le nécessaire de la mer pour notre consommation tout en respectant le cycle de vie de ces êtres. Cela semble utopique et pourtant nécessaire. Bien sûr, j’ai conscience des quantités d’importation astronomiques de denrées et de produits en tout genre que notre pays a besoin. Mais je sais aussi que l’être humain est capable d’être économe en délaissant tout ce qui n’est pas essentiel. La question n’est donc pas de savoir si ce système est viable. Comme toutes les questions de société, sommes-nous prêt à délaisser notre confort et nos besoins non essentiels pour une meilleure vie ?

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