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Huratapairu2018- Rencontre avec Manahau

Interview de Jean-Marie BIRET leader du groupe Manahau au concours du Hura Tapairu 2018

La préparation au Hura Tapairu demande moins de budget et de temps. L’effectif attendu pour ce concours est très abordable. cette organisation nous pousse vers plus de modernité et nous motive aussi. Les éléments qui composent la troupe Manahau sont comme depuis toujours invités au travers des réseaux sociaux à nous rejoindre. L’orchestre est arrivé la semaine dernière puisque nous avons fini par comprendre que la formation avec laquelle nous avions commencé le projet n’était plus des nôtres. J’ai finalement pu trouver des musiciens qui ont bien voulu relever le défi.

Il s’agit d’un conte, une histoire qui se déroule du côté de la côte des Teva. Des Vao, des HIVA, et deux Rois, frères de sang. L’un voulant dérober le pouvoir et le prestige à l’autre.

Mes créations sont souvent le produit de mes réflexions d’après des événements que j’ai pu vivre dans ma vie personnelle ou professionnelle… dans la vie. Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours. Notre propre frère, notre meilleur collègue de travail, finit un jour par nous tromper. Trahison insupportable car elle vient des êtres aimés.

C’est un encouragement à la vigilance, et à la bienveillance, devant ces faits qui nous touchent les uns et les autres tous les jours. Nous sommes responsables de ces égarements, nous n’avons pas su voir et empêcher ces choses là. Nous ne sous sommes pas toujours autorisés à dire NON. Il faut avoir confiance en soi, croire en notre intelligence. Certains abusent de leur soit disant pouvoir intellectuel ou institutionnel, ou encore affectif et familial. Nous devons pouvoir les remettre en question et ne pas les laisser abuser de nous et de notre respect, ne pas piétiner notre bienveillance. J’ai fini par penser dans ma vie que la bienveillance est un des plus clairs rayonnements de nos intelligences. Les couards et les manipulateurs sont malins, mais peu intelligents même s‘ils pensent le contraire. Ce sont des faibles. J’aime une phrase que l’on m’ appris dans mon milieu professionnel… E mahana to te uri… Je crois qu’il y a une justice dans la vie. Il faut la nourrir, la solliciter.

Le métier de chef de groupe n’est pas de tout repos. En interne, il gère les moyens humains et matériels. C’est passionnant de construire ensemble : le chef porte sa troupe sur son cœur et au bout de ses bras. Il faut faire coïncider les bonnes énergies. Il cherche en permanence l’éléments qui va compléter le potentiel de la troupe. Nous avons nos limites, et le rôle du chef est d’amener sa troupe à les dépasser. On peut y perdre un peu de souffle, mais on en sort toujours grandi. Le chef est un guerrier, un chef de guerre.

Il a fallu palier à ce souci d’orchestre. Vous pourrez les applaudir, ils n’ont eu qu’une semaine pour se mettre à jour. NOUS TOUS n’avons eu que cette semaine pour harmoniser nos travaux, notre foi en nous mêmes et en notre pays, notre art. Même souci sur le plan des costumes… Même si j’ai dû dépenser une méga énergie pour reconstruire ce qui semblait solide mais finalement du vent, il n’est pas pensable de baisser les bras, quand on sait le travail mené en amont par la maison de la culture, les collègues artistes, le noyau même de la troupe. Même pas mal !

Ce que j’ai à dire sur scène est très important. Je me battrai pour que ce soit entendu !
Je rencontre des personnes merveilleuses, je vis avec une troupe merveilleuse et courageuse. Si avec d’autres personnes ça a été difficile, autant penser que nos chemins ne devaient pas se confondre. Sans rancune ! Chacun sa route, chacun son sac. Chacun de nous doit pouvoir trouver un espace qui lui permettra de s’épanouir. Nous sommes dans un très beau pays, avec des artistes merveilleusement ouverts et créatifs. Heureux de leur art. Il y a de la place pour tout le monde. Utilisons notre souffle pour faire avancer les belles pirogues. Depuis Tetuna’e, ce mouvement à commencé : la recherche de l’excellence pour nous tous au travers des HIVA. Une orientation vers le BON, le BEAU a été initiée pour notre culture. Nous sommes les héritiers de ce beau projet.

Je veux dire merci à tous les artistes que j’ai pu rencontrer sur la scène de MANAHAU, TOUS. Grâce à eux, j’ai pu poser des mots sur des musiques, j’ai pu m’exprimer, avec nos tambours, nos chants et nos danses. Je veux leur dire ma reconnaissance.
Tera mai to aro oha.

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